X

Programmes initiés par ICCM

Dans ses efforts de décentralisation et de la diversification de ses activités, pour plus d’efficacité de ses actions, ICCM a initié deux programmes, à savoir le Réseau pour la Consolidation de la Paix en Afrique Centrale (RECOPAC), basé dans l’Est de la RDC (à Bukavu) et la maison d’Editions (Arno) basée à Bruxelles. 

1. Le Réseau pour la Consolidation de la Paix en Afrique Centrale (RECOPAC)

RECOPAC constitue l’activité de terrain du Comité International pour la Gestion des Conflits (ICCM) dans la région des Grands Lacs africains.  Basé à Bukavu (Avenue Patrice Emery Lumumba, n. 88, commune d’Ibanda), ce réseau regroupe quatre-vingt associations locales opérant à la base.

RECOPAC travaille dans les domaines de la promotion des droits humains, l’appui aux femmes victimes des violences sexuelles, l’appui à la réinsertion des enfants associés aux groupes armés et en rupture avec la loi, l’appui aux initiatives de soutien à la bonne gouvernance, à la paix, à la gestion et à la prévention des conflits et à la réforme du secteur de la sécurité, etc. Son activité consiste notamment à apporter son expertise aux organisations locales opérant dans les zones affectées par des conflits armés, à travers l’appui à la conception et à l’exécution, au suivi et à l’évaluation des projets initiés à la base. Le Réseau apporte également son expertise en matière de sensibilisation et de formation des formateurs, des enseignements, des recherches, des collaborations diverses avec une variété de partenaires. Il entreprend des enquêtes suivies et des missions de terrain sur les questions relatives à la promotion des droits humains, et la publication des rapports et des recommandations à tous les acteurs concernés.  


Parmi les projets initiés, exécutés ou appuyés par les experts d’ICCM dans le cadre du réseau, il y a lieu de mentionner :
 

  • La conception, le suivi et l’exécution du programme d’appui au jumelage entre communes du Rwanda et celles de l’Europe comme moyen d’accompagner les efforts de l’Etat dans la reconstruction post-conflit au Rwanda (1994-1996) avec l’appui et la collaboration de Réseau des Citoyens, sur financement de l’Union Européenne et du Gouvernement belge, API-ICCM, RECOPAC), 1994-1996.
  • La conception, le suivi et la coordination du « Projet Studio de Production Audiovisuelle au profit de la Société civile dans la région des Grands Lacs africains », un projet d’Amnesty International sur financement de l’Union Européenne, Kigali 1996-1998.
  • La recherche et l’enseignement à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu, à l’Université Evangélique en Afrique, à l’Université Catholique de Bukavu  sous forme d’un appui au Ministère congolais de l’Enseignement Supérieur et Universitaire de la République du Démocratique du Congo (depuis 1999)
  • Des enseignements en qualité de professeurs visiteurs ou chercheur associé aux Universités de Makerere, Nairobi, Dar Es Salaam, Université Libre de Bruxelles, Université de Gand, Université d’Amsterdam, Université de Prétoria, North West University (Mafikeng , Afrique du Sud), des recherches et des publications  communes avec le Centre for the Third Word Politics (Université de Gand), Centre de Recherches Prospectives sur l’Afrique (Université Libre de Bruxelles),  recherches et publications communes avec « Africa Institute of South Africa », Pretoria (depuis 1999), y compris l’appui et l’encadrement des chercheurs, notamment ceux du Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN  à Lwiro), anciennement Institut pour la Recherche Scientifique en Afrique Centrale (IRSCAC) sous l’époque belge au Congo.  
  • La conception et la mise en place de l’Université du Cinquantenaire (UNIC) à Lwiro, Bukavu sous forme d’un appui au Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire de la RDC.
  • La conception et l’appui à la création de l’Institut Supérieur pour la Paix et la Réconciliation en Afrique Centrale (ISPR), en appui l’Université Catholique de Bukavu et à l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC) suivie de la mobilisation des partenaires et des bailleurs de fonds. 
  • La conception, l’exécution, le suivi et l’évaluation du projet d’identification, d’appui et d’encadrement des femmes victimes des viols dans les territoires de Kabare, Kalehe et Uvira, Province du Sud-Kivu, Bukavu (RDC), depuis 2011.
  • La conception du projet « Centre de formation aux métiers pour l’intégration des jeunes en rupture avec la loi et les victimes des viols dans l’Est de la RDC », ICCM/RECOPAC-CRSN Lwiro, Bukavu, depuis 2012.
  • La conception et le suivi du « Koffi Anan Centre for Conflict Transformation », Université du Liberia, Monrovia, 2005-2006 ;
  • La conception et l’élaboration du Programme « Angie Brook Centre for Women’s Empowerment, Leadership Développent, International Peace and Security » (Monrovia, Liberia), suivi de la mobilisation des partenaires et des bailleurs de fonds, sous la direction d’Ellen Johnson Serlief, Présidente de la République du Libéria, depuis 2011 sur financement du Ministère Danois de la Coopération au Développement (DANIDA).
  • Coordination de la recherche sur la Réforme du Secteur de la Sécurité en Afrique de l’Ouest avec comme résultat la publication du « Gender Survey of Security Sector Institutions in ECOWAS Countries », sur financement du Geneva Centre for Democratic Control of Armed Forces (DCAF), Geneva, 2010.
  • La conception et le suivi du projet « Dag Hammarskjöld Leaving Memorial as a Conflict Managment Strategy in the Southern African Development Community » (SADC), UNDAF Initiative, Lusaka avec UN Country Team, Zambia, Lusaka, 2001-2003.
  • L’appui à la conception et à la matérialisation du « Centre de Recherche en Droit de l’Homme et Gouvernance Démocratique », Université de Bangui en collaboration avec le Haut Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme en RCA (un des bailleurs de fonds du projet), le Gouvernement centrafricain, les partenaires internationaux et nationaux, Bangui, 2015-2016. 

2. Le programme d’« appui à la Démocratisation du savoir par le soutien à la promotion des Droits Humains, à la Gestion et à la Prévention des Conflits par la recherche, la publication et la diffusion du livre » (ARNO Editions)

Conçu en 1994 par ICCM sur base des besoins et des demandes identifiés par les associations de la société civile ainsi que d’autres partenaires dans plusieurs régions d’Afrique au cours de diverses missions de terrain sur le continent, notamment en Afrique de l’Ouest et Centrale, ce programme a pour objectif de contribuer à la démocratisation du savoir, à la bonne gouvernance, à la reconstruction et au développement des pays issus des conflits ou en phase post-conflits par un certain nombre d’initiatives :
 

  • Donner aux acteurs locaux, notamment aux enseignants, aux chercheurs, aux étudiants, aux autorités locales, au mouvement associatif, à la société civile, mais aussi aux victimes et témoins des violations des droits humains dans les régions concernées l’opportunité de s’exprimer, de partager et de faire connaitre leurs travaux, leurs idées, leur préoccupation aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
  •  Fournir l’opportunité aux cadres scientifiques, chercheurs, enseignants et acteurs étatiques et privés d’accélérer leur promotion professionnelle par le biais de la publication, et partant, d’améliorer sensiblement leurs conditions salariales, la publication scientifique étant une des exigences des Ministères publics dans plusieurs pays pour la revalorisation académique et salariale des chercheurs et des enseignants dans l’enseignement et la recherche scientifique. 
  • Permettre à la société civile, aux organisations de jeunes, aux associations d’étudiants, de femmes à mieux faire connaitre leurs actions, leur expérience personnelle ou professionnelle dans leurs villages, mais aussi dans leurs pays et à leur environnement régional. Cette démarche pouvant générer de nouvelles en matière d’emploi.
  • Faire émerger de nouveaux talents en redonnant aux gens le goût de la lecture et de l’écriture, en donnant l’opportunité d’être publié à ceux qui n’auraient jamais eu la chance de l’être, de détecter les talents existants en diffusant ses acquis et en les faisant connaitre dans leurs milieux de vie et partout ailleurs, dans l’optique d’être, en tant qu’auteur, des acteurs inducteurs de changements positifs au sein de la société.
  • Concevoir et élaborer des livres par et pour les populations locales, traitant des questions qui les touchent directement, et assurer que ces livres leurs soient accessibles, qu’ils soient largement distribués et diffusés au sein des Universités, des Centres de recherches, des écoles, des associations locales, des communautés religieuses y compris dans des zones les plus reculées mais aussi à l’étranger. 
  • Simplifier la publication des syllabus, des notes des cours et en minimiser le coût afin de soulager les parents et les étudiants asphyxiés par des prix exorbitants du support matériel des enseignements. 
  • Identifier des ouvrages pertinents portant sur des problématiques touchant d’autres régions du monde, initier un programme d’échange de publications entre les pays étrangers et les pays visés, afin permettre ainsi aux populations visées de lire, et par la lecture, de mieux se comprendre, de mieux se connaitre, et de mieux cerner les problèmes qui affectent d’autres Etats, de savoir comment ces Etats ont pu aborder les problèmes et les défis rencontrés. Le but est de permettre aux populations concernées de s’informer et de tirer des enseignements et expériences positives applicables dans leurs communautés, leurs régions et leurs pays respectifs. Une telle démarche devrait encourager la réduction voire l’éradication de l’ignorance qui affecte une grande partie des populations, laquelle ignorance suscite des drames et des tragédies multiformes aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement.
  • Encourager le dialogue entre les civilisations et les cultures ainsi lutter contre la fracture numérique entre les villages, les régions, les provinces, les Etats, les cultures et les civilisations pour une meilleure partage de connaissances, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies, leurs biens fondés et leurs effets pervers.

Donner des formations aux communautés locales, aux experts locaux, aux membres de la société civile, aux enseignants et chercheurs sur la technologie du livre, notamment sur le cheminement de la manière de traduire une expérience, une idée, un rapport, etc. en un projet de publication qui soit viable, aux normes internationalement admises.